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Germinal

Germinal 🚀

L'excellence à tout prix.

grégoire gambatto

Le portrait

Nom :  Gambatto 

Prénom : Grégoire

Poste : CEO de Germinal

Le petit + : Influencer LinkedIn

La musique qu’il écoute pour travailler en profondeur : The Offspring

"Notre image de marque est aujourd'hui forte parce qu'on veut créer une marque BtoB à la manière d'une marque pour consommateur."

Grégoire Gambatto

Grégoire ou Germinal, on s'en souvient !

Bastien

Salut Grégoire, merci beaucoup d’avoir accepté cet interview, c’est un réel plaisir de pouvoir discuter avec toi aujourd’hui ainsi que de le partager aux personnes qui nous suivent. Est-ce que tu peux commencer par te présenter ? Qui es-tu ? Quel est ton parcours ?

Grégoire

Hello Bastien ! C’est un plaisir pour moi également, merci de l’invitation !

Je suis Grégoire Gambatto, CEO et co-fondateur de Germinal. Pour faire simple, moi j’étais un peu paumé, j’ai découvert le concept de prépa et d’école de commerce assez tard, si je me souviens bien c’était pendant ma terminale. Pour autant, je me suis lancé là-dedans alors que je venais d’un lycée de ZEP (Zones d’Education Prioritaire) en région grenobloise. Donc je n’avais pas trop les codes si tu veux, ahah.

Je me suis retrouvé en prépa HEC et je n’étais pas trop mauvais finalement puisque je me situais dans le premier quart de la classe. Je ne m’entendais pas trop avec mes camarades de classe (pourtant assez sympa), donc je me suis dit que j’allais aller à GEM (Grenoble École de Management) qui est l’école de commerce juste à côté de chez moi comme ça je pouvais rester chez moi.

La suite de l’histoire est que j’ai complètement foiré mes concours ! D’habitude j’étais entre 6 et 11ème de la promo mais là je me suis retrouvé 38ème. Après ça, je me suis beaucoup remis en question, je me suis demandé si je devais khûber (redoubler sa prépa) mais je n’en avais vraiment pas envie. Finalement, je suis parti de chez moi, et j’ai encore l’image en tête de mon père qui me disais « t’as cas aller retourner des steaks chez Mcdo » si tu décides de ne pas khûber et d’aller à la fac ». Il pensait vraiment que j’allais faire le « glandeur » à la fac en fait ! Je l’ai pris au pied de la lettre et je suis allé bosser à McDonald’s pour payer mes études.

Finalement, j’ai travaillé pendant presque 4 ans chez McDo’.

A la suite de ça, j’ai monté une boite pendant mon Master 1 parce que j’avais vraiment la bougeotte et j’avais du mal à rester sur les bancs de la fac. Mais ça a complètement planté. C’était une appli mobile que personne n’a jamais téléchargé, bref une catastrophe !

Encore après cet épisode j’ai rejoint 2 potes, Alex et Marc, pour lancer un site de e-commerce participatif et on a fait quelques ventes avec. A cette époque, je croyais que l’acquisition c’était que du hack, j’étais toujours à chercher des trucs « dark » à faire, créer des faux comptes Facebook, faire des fausses offres d’emplois, faire du « scrapping », etc. Je n’avais pas compris mais à l’époque, c’était en 2016, il suffisait juste de faire de la pub facebook ! Je n’avais pas compris que si tu as un bon produit tu n’as pas besoin d’aller chercher loin, t’appliques les bonnes recettes et ça te permet de décoller.

Ma troisième expérience était vraiment sympa ! Mathieu, un gars qui gérait un espace de co-working, me propose un poste. Le deal était qu’il me prenait et je devais créer mon poste et générer assez de chiffre d’affaires pour payer mon salaire. Donc j’ai carte blanche sur ce projet. Attention je n’étais pas seul, abandonné ! Il y avait un grand espace de 450 m carré avec des ressources, une scène où je pouvais parler, ahah, donc une belle structure, c’était super !

Cette expérience a bien fonctionné, j’ai vendu une formation en Growth Hacking pour laquelle j’avais vendu 106 ou 107 places sur 6 ou 7 saisons. Par la suite, on a lancé un accélérateur de start-up qui a plutôt bien fonctionné puisque 2 boites accélérées ont levé des fonds. Après ça, j’ai voulu changer un peu, faire de nouvelles choses et donc je suis parti de l’établissement.

Un peu en même temps que tout ça j’avais écrit un bouquin sur le Growth Hacking. Plus précisément, on m’avait proposé d’écrire un bouquin. On était 4 co-auteurs et je devais écrire 2-3 chapitres. Finalement deux co-auteurs sont partis donc je me suis retrouvé co-auteur avec Frédérique, mais honnêtement il a écrit 85 % du livre. Alors j’ai beaucoup aidé évidemment mais c’est lui qui a fait tout le travail ! Et comme c’est quelqu’un de super sympa il m’a dit qu’on allait faire 50/50 sur les droits d’auteur. Sauf qu’on en a vendu 4000… du coup j’ai retiré mes droits d’auteur pour la nouvelle version. Parce qu’en vrai j’avais honte ahah ! Il a tellement travaillé dessus, sans lui le bouquin n’aurait jamais existé !

Après ça et en rapport avec le livre je suis parti faire une conférence. J’y ai rencontré mes deux co-fondateurs Benjamin et Paco. On a rapidement lancé une boite. Les 15 premiers mois on a fait 1,2 M de CA, la deuxième année 2,1 M, et cette année on devrait faire 3,5 M normalement. Et cette boite c’est Germinal. Au départ, Germinal c’était du service et maintenant on lance des solutions pour apprendre en ligne. Notre grosse frustration chez Germinal ça a été de faire monter en compétence « growth » des gens qui partent avec un niveau faible voir modéré. Donc on a créé la solution qu’on rêvait d’avoir. Dorénavant, si tu veux devenir une brute de l’acquisition en ligne et bien tu viens nous voir et nous on te propose des outils, des formations en ligne, des ressources, des articles des meilleures personnalités de l’écosystème. C’est tellement complet que pour vous dire, moi c’est sur cette plateforme que je me forme. J’y vais 2 heures par semaine pour rester au top niveau! Ce côté de notre business qui est donc la formation, représente aujourd’hui la moitié de notre CA. On fait presque 240 000 € par mois et c’est assez dingue parce qu’il y a 6 mois cette offre n’existait même pas.

Bastien

Est-ce que tu peux me parler plus en détails de Germinal ? Quelle est la vision initiale ? Les étapes que vous avez rencontrées ?

Grégoire

Nous on voulait fumer les agences. C’était notre vision. On avait une mentalité un peu brutale : « Nous on veut fumer les agences, ce sont des tocards, ils facturent pour rien». Honnêtement, il y avait une énergie un peu négative mais ça a un peu construit notre culture. Cette culture elle était un peu violente au départ et en gros c’était « l’excellence à tout prix et marche ou crève ». On avait un peu une philosophie semblable à celle des Navy Seals : on était prêt à mourir pour nos potes, mais si ton pote tu sens que ce n’est pas le meilleur, tu le jettes du bateau. C’était assez violent…

 

Je me souviens d’un stagiaire qui avait postulé chez nous, il avait été pris dans les quatorze autres boites où il avait envoyé son CV. Pourtant je lui ai dit « non, désolé tu n’as rien fait de ta vie, on ne te prend pas ». Je sais, j’étais insupportable à l’époque, comme maintenant en fait !

Bref, il me dit « si si, je serai au niveau, donne-moi 2 semaines ».

 

Quand le gars est arrivé le premier jour, on lui a parlé de phantombuster (outil de growth) et naturellement il ne connaissait pas. Là, Benjamin mon co-fondateur, lui dit d’ouvrir son ordi, d’ouvrir une page Google et lui épelle le mot. Il termine simplement par « voilà c’est ça phantombuster » ahah. Ça montre un peu la violence de notre mentalité à l’époque, des très jeunes cons qui lancent leur boite.

 

Après, on a muri et nos valeurs se sont construites. C’est vrai que parfois on a un peu perdu nos valeurs d’excellence à être trop sage. Avec la mentalité d’une entreprise soudée, tu n’abandonnes personne au bord de la route, sauf que ce n’est pas possible. A trop vouloir n’abandonner personne, tu te retrouves avec des gens qui ne sont pas à leur place, bon dans autre chose, mais pas dans ta boite et ça, ça ne marchait plus.

 

Mais aujourd’hui, notre vision est bien plus claire. Notre but ce n’est plus de détruire les agences. Pour te dire comme on a évolué dans notre mentalité, aujourd’hui on bosse avec des agences ! On s’est rendu compte qu’on aidait des gens qui allaient avoir un impact dans notre monde sur les quinze prochaines années. Et nous, on sait que notre service ne changera pas l’histoire, mais on veut être à leur coté pour les aider à réaliser de belles choses et à avoir un impact sur leur écosystème.

 

De même on a évolué vers une philosophie interne à la boite qui est très axée sur la transparence. Tout le monde connait le salaire de tout le monde, on donne les bilans comptables, on donne les résultats financiers, on partage beaucoup de feedback, etc. La transparence et l’honnêteté comptent beaucoup.

Bastien

Effectivement, cette transparence c’est quelque chose qu’on retrouve beaucoup sur les réseaux sociaux et que vous partagez. J’aimerais revenir sur un point : vous avez réussi à construire une image de marque relativement forte dans un secteur où la marque n’est pas quelque chose de commun. Pourquoi avez-vous fait ça et quelles étapes ont été mises en place chez Germinal pour y arriver ?

Grégoire

En s’appelant Germinal dès le premier jour, c’est un prérequis d’avoir une marque forte, quelque chose qui casse les codes. C’était dans tous les briefings design. Il y avait des termes qui revenaient constamment comme « clivant » « croissance de malade » « agressifs ». Le designer nous prenait pour des malades ! Il est arrivé avec 3 propositions de designs : standard, osé, très audacieux. On a choisi le design très audacieux et on lui a demandé d’aller encore plus loin. Honnêtement je donnerais beaucoup pour revoir la tête de notre designer à cet instant-là.

 

Alors encore une fois, aujourd’hui, on a muri, mais on a vraiment cette volonté de créer une image de marque qui ne laisse pas indifférente. Si tu vas sur notre site par exemple, tu t’en souviens ! Ça te marque !

 

Et puis on considère que BtoB ça ne veut pas dire « boring to boring », ce n’est pas parce que tu vends à des entreprises que tu dois faire des choses relous.

 

Encore une fois, c’est quelque chose qui a évolué et aujourd’hui on se pose vraiment la question pour notre image de marque. Tu vois sur notre produit l’antichambre par exemple, on est vachement dans l’inclusion, dans le partage, le message derrière c’est « viens, je te prends la main et je t’emmène au sommet ». Alors qu’à Germinal on était prétentieux et le message était complètement différent « on est la cavalerie et toi un fantassin alors laisse nous faire » et on le retrouve d’ailleurs dans notre offre puisque le nom de notre service s’appelle La Cavalerie.

 

Maintenant que j’y pense, que j’y réfléchis c’est vrai qu’on était des jeunes fougueux. Aujourd’hui, c’est complètement différent, on n’a plus rien à prouver, on sait qui on est, on n’a plus besoin de prouver qu’on existe. On sait qu’on apporte de la valeur, plus besoin d’agiter les bras pour se faire remarquer.

 

Je pense que notre image de marque est aujourd’hui très forte parce qu’on a eu cette volonté de créer une marque BtoB aussi forte qu’une marque pour consommateur.

 

Notre objectif est de communiquer comme une BNVB le ferait, à la seule différence qu’on vend à des pro.

LinkedIn levier incontestable de GERMINAL

Bastien

Vous êtes beaucoup sur le réseau LinkedIn dans la team de Germinal. Est-ce que les commentaires et les retours sur vos post vous ont aidé à définir une image de marque ?

Grégoire

Ah oui vraiment ! On a compris qu’on pouvait provoquer sur LinkedIn, que ça fonctionnait bien puisque les gens interagissent quand il y a un peu de provocation et qu’ils ne sont pas d’accord. On a testé sur notre site et dans notre communication en y positionnant quelques blagues, quelques phrases contestables, mais les résultats n’ont pas été bons. Partant de ça, on s’est dit que la provocation ça devait rester pour LinkedIn et qu’il fallait qu’on place notre site et notre com à un niveau supérieur à celui-là. Donc ça nous a permis de faire évoluer notre marque et de se dire qu’il y avait ce qu’on montrait sur LinkedIn et le reste… et le reste on le place au-dessus.

Bastien

On remarque que vous échangez beaucoup avec vos communautés respectives. Quelque chose que vous faites beaucoup est de sonder les gens en leur proposant un concept ? La dernière est une formation sur la productivité.

Grégoire

Oui c’est ça. Je l’ai proposé, tout le monde a dit oui, on a vendu 420 !

 

Bastien

C’est génial de fonctionner comme ça, tu peux expliquer pourquoi ?

Grégoire

Quand tu as une communauté et que tu peux demander aux gens leur avis c’est incroyable ! C’est vraiment dingue de pouvoir avoir du feedback directement et rapidement !

Bastien

C’est quelque chose que vous mettez aussi en place chez Germinal ? Sonder votre communauté de consommateurs pour développer des outils ?

Grégoire

Oui on fait des tests marché auprès de nos utilisateurs et clients avec des questionnaires. Et puis pour d’autres services on fait l’inverse, on propose l’idée, on attend de voir si les gens payent et ensuite on crée le produit. C’est vraiment quelque chose qu’on fait en permanence. Tout ce qu’on fait on essaie de le tester avant.

 

Mais c’est à double tranchant, parfois je teste des choses qui ne marchent pas du tout, et j’ai envie de disparaitre… Parfois j’ai des idées, je fais un post LinkedIn pour tester le concept, et puis bah non, ça ne marche pas… tant pis. Mais au moins j’ai testé, je sais que ça ne sert à rien de travailler dessus.

Bastien

Pour toi est-ce que c’est essentiel de construire une communauté autour de son produit ?

Grégoire

Oui, c’est un bon cheatcode. C’est sûr qu’une équipe de 20 sales sera toujours plus efficace que 10M de reach sur LinkedIn mais ça permet potentiellement de réussir plus rapidement et pour moins d’argent. En fait, quand il y a plusieurs personnes autour de toi qui aiment un produit, d’un coup tu as plus tendance à en parler

Bastien

Quelque chose qu’on remarque est que vous communiquez directement avec vos comptes respectifs chez Germinal. Quel avantage y a-t-il à amener cette dimension humaine dans la communication ?

Grégoire

Parce que les gens n’aiment pas les marques, les gens ils aiment les gens. Si tu t’appelles Nike c’est facile que les gens t’aiment, mais si ta marque n’est pas connue c’est beaucoup plus simple de faire émerger une personne physique que ta marque. Nous, c’est ce qu’on a essayé de faire en faisant émerger des personnes et ces personnes portent la marque.

Bastien

Est-ce que tu vois des tendances qui se dégagent dans le marketing et la communication de demain ?

Grégoire

Je pense qu’une des grosses tendances c’est le BtoB sur TikTok. Ce n’est pas évident mais je pense que dans quelque mois ça va exploser.

 

Une autre tendance, et ça c’est parce que les outils no-code explosent, c’est le copywriting. Aujourd’hui si tu te concentres sur la technique sans te soucier du copywriting, dans 3 ans tu auras perdu la bataille. Je pense que demain ce sera plus intéressant d’être un bon copywriter qu’un bon growth, je pense que c’est vraiment une compétence à développer.

Pour visionner l'interview au format vidéo, c'est ici !

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Tina

Tina​ ♻️

La mode alternative

Le portrait

Nom Marie Decamps

Prénom : Aurore

Poste Co-Fondatrice de Tina Paris

Cursus Master Entreprenariat à l’ESCP

ExpériencesAPVSA, Wine Collection Holding, Side.

La musique qui la motive pour travailler : La playlist Hôtel Cost #chill and #focus

"On voulait vraiment créer une nouvelle expérience autour de la mode éthique, plus positive et plus encourageante."

Marie Decamps

L'envie d'apprendre

Bastien

Est-ce que tu peux te présenter ? D’où viens-tu? Quel est ton parcours ? Qu’est-ce que tu as fait avant ?

Marie

Bien sûr avec plaisir ! Je suis Marie Decamps, je suis bordelaise et j’ai 24 ans. J’ai eu un parcours assez classique, après le bac j’ai fait une école de commerce à Bordeaux, KEDGE. Je voulais absolument travailler à l’étranger et avoir des expériences professionnelles rapidement. Du coup, j’ai fait le programme EBP international qui offre 3 ans et demi sur 5 à l’étranger. Je me suis spécialisée en finance et je suis partie à Lisbonne où j’ai vécu 1 an et demi pour faire un double diplôme. Ça m’a permis d’apprendre les bases de la compta et de la finance sous tous les angles et c’était très intéressant. Au moment de faire mon stage, je me suis dit que la compta, c’était « intéressant » mais pas au point de rester chez un expert-comptable, même s’il fallait bien que je commence par ça. Mes parents vendent du vin à Bordeaux et ça m’a toujours attirée. J’ai donc décidé de faire un stage dans ce secteur que j’apprécie. J’ai rapidement trouvé un stage au Canada à Montréal chez l’APVSA, une entreprise qui organise des tournées de dégustation de vin et spiritueux au Canada et aux USA. C’était le genre de stage débrouille, en grande autonomie où tu touches à tout. C’était super formateur, et c’est ce que je voulais. J’ai fait ça pendant 6 mois et je me suis éclatée. Rapidement je me suis dit que j’aimerais bien voir autre chose et connaitre l’aspect plus business de ce que je faisais.

J’ai assisté quelque temps après, à une dégustation à Miami, ce qui changeait des -30°C de Montréal ! À cette dégustation, j’ai rencontré Paul, un importateur de vin Français. Il m’a proposé de le rejoindre pour mon second stage. Je suis passée d’une structure où nous étions 10 personnes à une boite type start-up de 3 personnes .

L’entreprise de Paul avait déjà 5 ans mais il y avait beaucoup à faire. Ils étaient déjà très bons en business mais ils n’avaient pas le temps de s’occuper de tout ce qui était administration. Pour dire, les fichiers clients n’étaient même pas sur Excel, c’était encore sur papier. Je me suis pas mal amusée à tout réorganiser. J’ai trouvé ça super de pouvoir apporter autant à une entreprise alors que je n’étais que jeune stagiaire. J’ai refait leur compta, j’ai aidé à recruter un comptable, un nouveau commercial, un livreur, je faisais de la vente et de l’achat, c’était incroyablement complet. J’ai compris que l’apprentissage serait bien plus grand si je travaillais dans une petite structure par la suite. C’est à partir de cet instant que l’idée de monter ma propre boîte a commencé à germer. C’était en 2017, je n’avais que 21 ans mais pourtant mon ambition était de monter quelque chose de sérieux. Maintenant je me rends compte avec un peu de recul que j’avais des bases solides en compta et finance mais il me manquait tout le reste.

Rapidement, j’ai creusé le sujet et j’ai trouvé un master entreprenariat à l’ESCP, 6 mois avec quasiment que de la pratique, pas de théorique. C’était important pour moi parce que la théorie ne me plait pas. Les bases sont utiles, mais à un moment il faut se lancer quoi ! Le problème, c’est que pour intégrer ce master, il fallait un équivalent master 1. Moi, j’avais 2 ans d’école, 1 an de stage et il me manquait 6 mois à Lisbonne pour valider mon Bachelor. J’étais donc loin du master 1. Je me suis dit qu’il me fallait une stratégie pour atteindre mon objectif et la seule chose qui pouvait les faire changer d’avis et m’accepter au master plus simplement c’était d’avoir déjà eu une expérience entrepreneuriale. J’en ai parlé avec mon patron de Miami et il m’a dit « t’inquiète c’est facile ». J’ai créé ma structure auto-entrepreneur en France dans l’idée de créer une start-up et d’avoir un projet crédible avant de présenter le master. Le concept était plus simple, j’embauchais des stagiaires pour les boîtes françaises à Miami, chose que j’avais adoré faire lors de mon stage précédent. J’avais simplement à créer un site, Paul me trouvait des clients et mon dossier pour l’ESCP était prêt.

En août, je suis rentrée au Portugal pour faire ma dernière année. En parallèle, j’ai commencé le site web de mon entreprise The Job Digger… mais quelle galère ! Je me suis lancée dans un WordPress, je t’avoue que maintenant je me demande pourquoi on ne m’avait pas parlé de Wix. Surtout que c’était juste pour une page avec seulement du visuel, j’ai dû apprendre à coder, ça m’a pris 2 mois mais j’ai pu envoyer le dossier à temps à l’ESCP. À ce moment-là, j’avais déjà 5 ou 6 clients annuels donc déjà un peu de Chiffre d’Affaire. Ils m’ont appelé quelque temps après et j’ai été prise, ça a été un gros soulagement.

J’ai décidé d’arrêter en mars 2020 à cause du Covid parce que c’était compliqué pour le secteur du recrutement. Néanmoins, cette expérience m’a confortée dans l’idée de créer ma propre boîte. C’est de ça dont j’avais envie. En plus de ça, ça m’a ouvert beaucoup de portes pour la suite, tant dans mes relations que dans mon apprentissage personnel. Maintenant, je sais que je veux créer quelque chose de réellement innovant et avec un réel impact.

Bastien

Comment s’est passé ton parcours à l’ESCP ?

Marie

Pendant l’année d’études, j’avais une chose en tête : m’ouvrir à de nouvelles idées et trouver des associés.

On devait lancer un projet mais je ne l’ai pas fait parce que je n’ai pas trouvé d’associés dans le master. Mais ce n’est pas grave, ça reste la meilleure année de ma vie. Je pourrais la refaire tous les ans ahah. Par la suite, j’avais envie de rester dans le secteur du recrutement mais on m’a expliqué que si je voulais bosser là-dedans, en France, je devais savoir comment ça fonctionnait. Ce n’est pas la même chose aux USA et j’avais beaucoup de choses à apprendre.

Je suis rentrée chez Side en tant que RH pendant 1 an. C’était super. J’ai repris toute la gestion des recrutements. En même temps, j’avais monté NextDays, une entreprise de livraison de repas. J’avais la bougeotte à l’époque, je voulais monter ma boîte ! Ça a bien marché pendant 5 mois mais j’ai décidé d’arrêter parce que c’était devenu trop de boulot avec Side. Quelque temps après j’ai décidé de quitter Side, en très bons termes, pour monter ma boite. C’était au début du confinement donc j’ai eu le temps de cogiter et c’est là que j’ai commencé Tina.

L'envie de faire changer les choses

Bastien

Pourquoi Tina ? Présente la marque. Comment s’est passé le lancement ?

Marie

Dans l’aventure je me suis associée avec Astrid et Marie, deux sœurs Bordelaises. Astrid était ma coloc de Lisbonne et on discutait souvent d’entrepreneuriat, de monter une boîte, etc. Astrid et Marie sont assez sensibles au mouvement d’éco responsabilité et comme elles adorent chiner dans les fripes, acheter des vêtements éthiques est un sujet important pour elles. Rapidement elles m’ont fait part de leur problème : la difficulté de trouver ces vêtements éthiques dans le marché de la mode. De nombreuses marques s’engagent pour cela et voient le jour, pourtant on doit fouiller pendant des heures pour les trouver. Avec cette problématique on se rabat sur une mode classique en laissant tomber nos valeurs. La solution pour rendre ce marché de la mode éthique plus visible c’est de regrouper les petites marques en un seul et même endroit et le rendre accessible au plus grand nombre de personnes.

Je cherchais plutôt une idée dans le RH ou l’éducation mais je me suis dit que le sujet était super intéressant et la vision me plaisait. Comme j’avais beaucoup de temps (confinement oblige), je me suis plongée à fond dans le sujet, j’ai regardé des documentaires, j’ai lu des livres. Il y a un doc qui m’a marqué « The True Cost » qui a été fait suite à un accident dans une usine au Bangladesh qui a mis en lumière certains problèmes. À la fin du doc tu ne peux pas rester indifférent et beaucoup de marques se sont lancées à la suite du visionnage de ce film.

Pour ma part j’ai eu une prise de conscience incroyable ! On a fait une rapide étude de marché et on s’est rendu compte que le potentiel de la mode éthique était énorme. Il y a beaucoup d’acteurs et dans les pays du nord le marché est déjà ultra éduqué. Pour moi, le marché européen était une évidence, donc on a commencé par là et plus on avançait plus ça devenait clair.

On a passé un mois à faire de la recherche puis on a commencé à contacter les marques avant la fin du confinement et on a pu lancer le 15 juillet avec 5 marques. Maintenant on est passé à 20 marques et beaucoup sont en cours d’intégration.

Bastien

Comment s’est passé le lancement?

Marie

La règle numéro 1 à l’ESCP c’était: « si tu veux tester un business fait le vite et à moindre coût ». On a débattu longtemps là-dessus. Le problème d’une Marketplace est que c’est chronophage et je ne suis pas Dev. Malgré ça, j’ai décidé de m’occuper du site, ça permet d’avoir la main dessus et de savoir de quoi on parle pour la suite quand tu embauches. J’ai fait le Shopify tout le mois de juin. Au moment du lancement du 15/07 jusqu’au 30/08, on a décidé de ne faire aucune communication payante, pas de presse, pas d’ads, rien. On se contente de tester la validité du site, de suivre les livraisons, s’assurer que le funnel de paiement n’a pas de problème, etc…

On réussit à avoir une V1 très basique mais qui fonctionne. Ça a fait mal au cœur de Marie, ma co-fondatrice parce qu’elle est DA ahah, mais on s’est mise d’accord. Résultat, dès le premier mois les 5 marques présentent sur la plateforme ont eu des commandes. A partir d’août on a commencé à intégrer une quinzaine de marques supplémentaires. Et grâce à ça, on a généré un peu de CA sur juillet et aout. En juillet on a pu faire un gros shooting et toutes les photos (hors fiche produit) sont les nôtres. On a évidemment mis la DA au centre du projet puisqu’avant d’acheter éthique il faut se souvenir qu’on achète quelque chose qui nous plaît. On a réussi à rendre la mode éthique sexy même si ça reste très subjectif.

Bastien

En France il y a une mode autour de ça ces dernières années, penses-tu avoir choisi le bon moment pour le lancement?

Marie

Honnêtement, je me dis depuis le début que c’est le bon moment et ce de plus en plus. Après le confinement en France et en Europe de manière générale, c’est hallucinant de voir le nombre de marques qui se sont créées. Et en même temps la prise de conscience des consommateurs a été amplifiée par ce confinement. Je pense qu’on assiste un réel mouvement et c’est aujourd’hui que se lancer sur le marché de l’éthique est intéressant.

Bastien

Le marché de la mode est hyper compétitif, comment comptez-vous faire la différence avec Tina, quelle est votre vision ?

Marie

On voulait vraiment créer une nouvelle expérience autour de la mode éthique, plus positive et plus encourageante. Dans l’idée, on veut que Tina n’apporte pas le coté moralisateur qu’on les marques de ce secteur aujourd’hui, on ne veut pas d’une mode moralisatrice. On co-créé la solution avec notre communauté depuis le lancement. Les articles que l’on présente sont choisis par les consommateurs eux-même.

Maintenant, on arrive à sentir à quel point la dynamique autour de tout ça est puissante. Les consommateurs ont envie d’en savoir de plus en plus et ont besoin de cette transparence de la part des marques. On s’est donc dit qu’il fallait sélectionner les marques à la fois sur la partie style et sur l’éthique. On a des critères et les marques se doivent d’en respecter certains. On ne demande pas non plus aux marques d’avoir 10000 labels parce que c’est coûteux et chronophage et elles ne peuvent pas avoir tous les critères. Notre idée c’est de donner l’occasion aux consommateurs de s’intéresser aux marques et à leurs différents labels en fonction de leur sensibilité. Vu que chaque marque à ses engagements tu peux toujours trouver ce qui te va le mieux.

Notre différence principale c’est qu’on met tout sur la DA et la communication. Chaque semaine on fait une newsletter sur une marque. On a également mis en place un système qu’on appelle l’ETHIQUETTE. Sur chaque fiche produit on peut voir directement quels sont les critères que respecte la marque. On rend les choses simples et lisibles et c’est un plus. On réfléchit en permanence à trouver de nouveaux moyens de communiquer cette transparence.

Pour résumer je pourrais dire que ce qui nous différencie c’est la manière dont on utilise la DA et la com’ au service de l’éthique qu’on utilise de manière décomplexée et non moralisatrice. On s’en rend compte par exemple lorsqu’on fait des postes Instagram parce que l’engagement sur le contenu est en général 5 fois plus élevé sur des postes à caractères informatifs que sur des postes qui mettent en avant des produits. Ça nous challenge aussi à trouver un équilibre entre « ne pas être un média » ou « n’être qu’un produit ».

Bastien

On entend déjà pas mal parler de Tina. Un passage sur B Smart, une campagne kisskissbankbank avec 170% de l’objectif atteint. Il y a un véritable engouement autour de la marque, quelles sont les étapes pour y arriver ?

Marie

Je ne sais pas si il y a vraiment des étapes. Tout peut dépendre du projet. Mais dans notre cas, nous avons décidé de concentrer la majeur partie de nos efforts sur la DA, le design et la communication. Une grande partie de notre travail est donc axée en ce sens.

Mon travail, consiste à faire le reste aha. Je suis sur la partie business et gestion globale.
On positionne nos efforts majoritairement sur le design et la DA car nous pensons que sans, on ne peut pas faire la différence face au marché.

Aujourd’hui, ça paie puisque toutes les marques que je contacte me laissent savoir qu’ils adorent notre façon de parler de la mode éthique et être présent sur notre plateforme les intéresse. Il y a vraiment ce côté non moralisateur qui a créé un engouement de la part des consommateurs. J’ai envie de dire à mes potes et à tout le monde d’arrêter d’aller chez Zara, mais ça, les gens ne peuvent pas le comprendre si les entreprises ne font pas l’effort de leur expliquer. Et si c’est fait sous un angle positif le consommateur sera bien plus réceptif. Donc on explique, on ne juge pas. C’est important que le consommateur soit en possession de connaissances pour se faire son propre avis.

Pour ce qui est de la partie presse, on a dès le début préparé un communiqué avant même de lancer le site. Ça nous a fait gagner un temps fou !

Bastien

Est-ce que tu vois des tendances dans le marketing de demain ? Comment faudra-t-il communiquer pour avoir une marque efficace ?

Marie

Je pense qu’aujourd’hui, lancer une marque sans aucune transparence, c’est très compliqué. Les gens sont de plus en plus exigeants et ils ont à disposition de nouveaux outils pour tracer ce que l’on achète : ça a commencé par la nourriture avec Yuka, c’est le cas maintenant pour les vêtements, ça vient pour le maquillage, etc…

On se rend compte que tout ce qui se monte aujourd’hui dans la mode est éthique. On met le client au centre, on lui propose une alternative en adéquation avec ses valeurs. Le nouveau débat est d’utiliser des mannequins pro ou des users. On voit de plus en plus les marques mettre leurs clients en avant. Les gens s’en foutent de voir des mannequins, ils veulent voir des choses auxquelles ils peuvent s’identifier. Cet été on a fait poser nos potes pour les produits et avec ça je faisais des ventes en mettant des storys Insta. Ça permet aux personnes de se projeter dans l’achat, se projeter dans l’expérience.

Bastien

Est-ce que vous avez un objectif de satisfaction client ? Comment vous mettez ça en place dès le début pour créer une marque forte à l’avenir ?

Marie

Il y a plein de moyens pour ça et on en cherche sans cesse. Alors évidemment la communauté est la clef de notre projet et le bouche-à-oreille c’est fort. Plein de marques n’ont pas fait de pub les 2 premières années et s’en sont très bien sorties grâce à ça. Si ton service est irréprochable, que tes produits sont qualitatifs, et que ton SAV est bon, ça finira par payer. Du coup on est très attentif aux retours de nos clients sur les réseaux. On répond à tous les commentaires. On a aussi un chat live sur le site qui arrive directement sur mon téléphone. Je n’ai même pas de modèle enregistré pour les réponses, je réponds à chaque question personnellement en sachant que la plupart des problèmes sont liés aux tailles, c’est souvent assez spécifique. Ce qui, en soi, n’est pas si compliqué vu qu’on n’est pas encore noyé sous les demandes.

Aussi on demande souvent l’avis de notre communauté sur les prochaines étapes de la boîte. On a une nouvelle stagiaire, et son rôle est principalement l’interaction avec la communauté. Par exemple, on a récemment eu une nouvelle marque, et on a fait un sondage Instagram pour savoir quel produit plaisait le plus. On a eu plus de 200 réponses en même pas 10 minutes: ça nous permet de savoir facilement quel produit mettre en avant. J’ai pu en parler dans la newsletter en sachant que ça allait être pertinent et que les gens étaient intéressés. On avait un peu sous-estimé le contact live, mais en réalité c’est super et on adore fonctionner comme ça.

Il faut toujours écouter ses utilisateurs, c’est grâce à eux qu’on arrive à savoir ce qu’il y a à changer et c’est grâce à eux qu’on avance.

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WebMyDay

WebMyDay​ 🖥️

Le code de la simplicité.

Le portrait

Nom Julia Lumbroso

Poste CMO chez WebMyDay

Cursus Méandreux dans ces débuts puis CESACOM Paris

ExpériencesSoCloz, Supertripper, Q-Park

Elle aimeLes pâtes au beurre avec de la crème fraiche.

Elle n’aime pas : Les gens qui ne respectent rien.

"À 6h du matin, ma mère passe l'aspi dans ma chambre. Le message est clair : "tu vas te bouger !"

Julia Lumbroso

Cherche-toi et l’entrepreneuriat te trouvera

Bastien

Peux-tu te présenter rapidement ? Quel est ton parcours ?

Julia

Bien sûr ! Je suis Julia Lumbroso et je suis CMO chez WebMyDay.

J’ai un parcours qui est loin d’être linéaire et plutôt semé d’embûches. J’ai fait un bac STMG que j’ai failli rater ahah. Je me suis retrouvée, après l’épreuve, à devoir rattraper 73 points. Pour moi, c’était vraiment perdu d’avance. Je pensais déjà devoir refaire ma terminale. Mais très vite, avec ma famille, j’ai mis en place une stratégie pour tenter un « coup d’état ». J’ai choisi mes matières, et j’ai beaucoup travaillé. Le jour de l’épreuve, les profs me dévisageaient et quand j’entrais dans les salles de rattrapages, j’avais le droit à des « Ahh c’est toi, la fameuse Julia ! » comme s’ils n’avaient jamais vu ça ! Finalement certains miracles se produisent et j’ai rattrapé 78 points ! Comme quoi, il ne faut jamais abandonner !

À la suite de ce premier épisode chaotique, j’ai dû me poser des questions sur ce que je voulais faire. J’ai trouvé des réponses sur comment je voulais vivre plus tard mais pas vraiment sur ce que je voulais faire. Je savais que je voulais avoir mon indépendance, je ne voulais personne au-dessus de moi, ne pas avoir de boss. Quand je me projetais, je me voyais pouvoir emmener mes enfants à l’école et avoir du temps pour ça sans courir au bureau et travailler pour quelqu’un d’autre.

Je me suis donc tournée vers la Psychothérapie. Ça me permettrait d’être libre, d’avoir une dépendance chez moi pour recevoir mes clients, et de gérer mon temps comme bon me semble, d’avoir de la flexibilité. Je suis donc partie en fac de psycho à Nanterre. Mais… je fais 1 semestre et ça me dégoute. Le programme n’est pas le même que celui qu’on m’avait proposé, je ne me vois pas continuer comme ça pendant des années. Au même moment c’est la période des vacances de Noël, et ma mère me dit que toute la famille part en vacances à la montagne pour skier, mais que je ne peux pas venir car j’ai des cours. À cet instant, je déteste tellement les cours que je décide quand même de partir en vacances. Ça a été le déclic je : me voyais déjà arrêter. En rentrant de voyage, il y avait une lettre chez moi qui m’annonçait que j’étais éliminée des partiels. L’aventure aura été courte.

Ce n’est pas une blague, mais le lendemain matin du jour où j’ai arrêté la fac, alors que je dormais encore, ma mère vient dans ma chambre et passe l’aspirateur. C’était clairement pour me dire « je ne veux pas d’une larve à la maison, tu vas te bouger ! ».

J’ai donc commencé à donner des cours scolaires à des enfants et j’ai beaucoup apprécié transmettre ce que je savais. J’aime beaucoup écrire et le transmettre m’a fait plaisir. Cela donnait du sens à ce que je faisais. J’avais trois enfants sous mon aile et un jour la mère de l’un d’entre eux me demande ce que je fais l’été suivant. Je n’avais rien de prévu. Elle me propose alors de travailler chez Q-park parce qu’elle connait l’entreprise et a moyen de le faire. J’effectue mon stage d’été là-bas avant de me poser de nouvelles questions pour la rentrée 2014.

Je me rends compte que j’aime beaucoup l’archi, surtout ce qui touche à l’Haussmannien. Je pense à faire un BTS en immobilier pour pouvoir travailler dans ce secteur.

Finalement, ce n’est pas du tout ce que je fais. Je pars en BTS négociation client et dans la foulée je rentre en alternance chez Q-Park où ma première expérience s’était vraiment bien passée. Par la suite, j’enchaine avec un stage chez Igraal en 2017. Plus tard, avec une alternance chez Supertripper. En même temps j’intègre CÉSACOM Paris pour mon M1. Je continue sur ma lancée en alternance chez SoCloz pour obtenir mon M2 en 2020.

Toujours en parallèle, Léopoldine lance sa boite avec son copain Victor : c’est une agence Web. Elle me propose de voir ce qu’ils font et je m’intéresse au projet. Très vite, on se rend compte que les clients veulent plus. Ils demandent à faire les sites eux-mêmes, d’imaginer eux-mêmes les agencements, les designs. Ils veulent pouvoir prendre part à la construction du site et apprendre. C’est comme ça que nait WebMyDay en 2020.

Bastien

Tu peux nous présenter WebMyDay plus en détails ?

Julia

WebMyDay, c’est la nouvelle façon de concevoir simplement un site web. On s’adresse particulièrement à des personnes en reconversion professionnelle qui ont un besoin en création de site web. On s’est rendu compte que les clients voulaient plus de liberté dans la création de leur site. On s’est dit qu’on allait leur donner une feuille blanche, qu’ils allaient dessiner leur site dessus pour qu’ensuite nos équipes le conçoivent réellement. Aujourd’hui, c’est la même chose mais de façon digitale, les clients glissent des blocs d’éléments sur une page pour nous indiquer le design qu’ils désirent. La maquette est envoyée à l’équipe pour élaborer le vrai site.

Aujourd’hui, WebMyDay c’est donc une académie en ligne mais c’est également du physique avec des bootcamp sur 2 jours pour apprendre aux clients à gérer leur site et boutique web. Pendant ces 2 jours, on voit plusieurs thématiques comme apprendre à gérer le blog de leur site, le SEO, leur woocommerce. On les familiarise également aux notions de responsive, de sécurité informatique mais également en acquisition client.

Dès qu’un client achète chez nous, il bénéficie d’un coaching constant et à tout instant. C’est comme cela que l’on peut accompagner les clients du mieux possible.

Bastien

Et aujourd’hui, où en est l’aventure ? Quel est le chemin déjà parcouru ?

Julia

Aujourd’hui, nous venons de sortir la V2 de notre plateforme. Pour reprendre dans l’ordre chronologique des choses, nous avons construit la plateforme Beta de janvier à avril. Janvier et février ont été la phase de test, nous avions 5 Beta testeurs pour nous aider à concevoir une plateforme fonctionnelle. Un deuxième temps de tests a été effectué de mai à juillet pour intégrer de nouvelles fonctionnalités et nous permettre de recevoir le premier Bootcamp en présentiel en juillet et un second en septembre !

Toujours dans la continuité du développement de la plateforme, nous avons sorti notre V2 il y a quelques jours.

Des valeurs avant tout humaines

Bastien

Vous faites entrer une dimension humaine dans un secteur relativement fermé, pourquoi intégrer les clients directement dans votre produit ?

Julia

Bien sûr et c’est même évident je dirais. Aujourd’hui, nous nous adressons à des personnes pour qui, construire un site internet et développer leur activité, est l’aboutissement d’un projet de vie. Donc ce qu’on vend, c’est bien plus qu’un produit, c’est un accompagnement, un support, un soutien. Aujourd’hui, c’est une dimension que l’on veut continuer de développer et on espère pouvoir avoir une relation avec nos clients pendant encore longtemps.

Bastien

À long terme, comment vois-tu cette relation client au sein de WMD ?

Julia

Aujourd’hui, on donne tout ce qu’on a pour chaque client. D’ici 1 an ou 2, les enjeux de satisfaction seront les mêmes mais il sera plus difficile d’y arriver. C’est souvent le problème des boites qui grossissent trop rapidement. Mais si tu arrives à avoir les clients et la satisfaction, c’est incroyable ! Évidemment, c’est ce qu’on vise.

Tendances

Bastien

Et dans le marketing quelles sont les tendances de demain d’après toi ?

Julia

Ahah ! Bonne question ! Ça change tellement vite ! Et en même temps ça ne bouge pas. On voit des tendances qui survolent les marchés ! Elles explosent rapidement puis s’estompent. D’autres sont là, se construisent doucement mais sont bien présentes. En fait, il y a des grandes tendances et dans ces grandes tendances passent les petites. La grande tendance de ces dernières années par exemple ce sont les réseaux sociaux. Les sous tendances ce sont Facebook, LinkedIn (pour le BtoB). Pour répondre à ta question je pense que la prochaine sous tendance c’est l’optimisation d’Instagram par les entreprises pour leurs prospections. Je pense qu’il y a quelque chose à faire de ce côté-là. C’est un canal d’acquisition encore sous-exploité à mon sens.

Bastien

Merci Julia pour cet entretien. J’espère que ça t’a plu et que l’on aura l’occasion d’échanger à nouveau ultérieurement. 

Julia

Merci beaucoup Bastien, ce fut un plaisir.

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Interviews

Ulysse

Ulysse​ ✈️

Un aller simple vers la satisfaction client.

Le portrait

Nom Caroline Le Franc

Age 29 ans

Poste Pilote de la Com’ chez Ulysse

Cursus École de commerce

ExpériencesGroupon, La Fourchette, Popchef

Elle aimeManger +++, Voyager, Ecrire, Rigoler

Elle n’aime pas : Les fautes d’orthographe

"La première impression est toujours la bonne" et je ne me suis pas trompé"

À travers cet entretien, je découvre une personnalité bien forgée qui regorge d'idées créatives et de connaissances. Caroline a ce pouvoir de transmettre son sourire à travers le téléphone. Il est 19h00, la journée se termine et l'apprentissage commence.

Caroline Le Franc

Travailler c'est bien, Piloter c'est mieux !

Bastien

Dis-nous en plus sur ton parcours, de l’école à Ulysse.

Caroline

 Je suis Caroline Le Franc, j’ai 29 ans et je suis Head of Brand and Communication chez Ulysse. Après avoir fait une école de commerce à Reims j’ai travaillé chez Groupon puis
chez The Fork (La Fourchette) où j’ai découvert plus en détail le secteur du marketing.

L’année d’après, fin 2016, j’ai effectué un stage de fin d’études chez Popchef toujours dans le domaine du marketing. Au final j’y suis restée presque 2 ans !

À la suite de cette expérience Axel Guidicelli, le fondateur et actuel CEO d’Ulysse, qui venait de lancer le projet m’a demandé d’intervenir en tant que freelance pour bosser sur la stratégie social media. J’ai rencontré Axel pendant mes études et comme j’adore voyager, je suivais avec intérêt son projet d’agence de voyages en ligne. Naturellement j’ai accepté et cette expérience de « consultante » est donc la première interaction que j’ai eue avec Ulysse.

Juste après, j’ai pris l’initiative de partir faire un gap d’1 an en Australie avec mon copain. On est resté 6 mois à Melbourne et puis on a voyagé, on a découvert le pays. Je me souviens que j’utilisais déjà la plateforme Ulysse pour booker tous nos billets d’avion.

Je rentre en France en 2019 avec une philosophie complètement nouvelle, je suis axée écologie et écoresponsabilité à fond ! Je me pose beaucoup de questions sur ce que je veux faire, pour quelle boîte je veux travailler. Au même moment, Axel me contacte et me
demande si je suis disponible pour travailler à l’élaboration de la marque Ulysse. Dans un premier temps j’hésite. Bosser pour une entreprise qui vend des billets d’avion… quand tu reviens d’une expérience qui a profondément changé ta façon de te comporter vis à vis de l’écologie, c’est moyen. Mais je connais la boîte, je sais pertinemment que la vision finale a un impact positif. En plus de ça, j’entrevois plein de projets à développer qui vont dans le sens de
ma philosophie et Axel me confirme que rien n’est impossible. Alors je dis oui !

Du jour au lendemain j’ai carte blanche pour créer une « marque cool ». Je commence d’abord comme freelance mais 2 mois plus tard je fais le choix de rejoindre la boîte à temps plein. Je dois définir rapidement le ton de la marque, l’identité visuelle, mais aussi la façon dont on s’adresse aux clients. D’un point de vue global, je définis la stratégie de communication, je fais des relations presse, m’occupe des partenariats stratégiques, de la gestion de contenu. Le principal défi dans mon travail est de transmettre nos valeurs. Je dois créer une marque sympa pour le client alors que jusqu’à présent l’écosystème de la réservation de billets ne l’est pas

Bastien

 Explique-nous Ulysse ?

Caroline

Ulysse c’est une plateforme de réservation de billets d’avion, sans frais cachés, sans publicité et surtout avec un vrai service client.

On aime bien se définir comme la « néo-agence de voyage » pour réserver ses billets d’avion.

Aujourd’hui booker un billet est souvent synonyme de complications, que ce soit lors de la réservation, de l’enregistrement ou surtout de l’efficacité du service client. Nous on veut changer ça. Enfin… on ne le veut pas, on le fait !

Bastien

Justement le service et la relation client est Roi chez Ulysse, pourquoi ?

Caroline

Oui, aujourd’hui c’est au centre de notre préoccupation et ce n’est pas un hasard. Axel a eu l’idée de créer Ulysse en faisant un tour du monde. En réservant ses billets il trouve que les services clients sont nuls. Aucune aide, aucune relation. Les compagnies et plateformes de réservation se font la guerre des prix en oubliant l’élément central de leur activité : les clients. Mais sans client, l’avion ne décolle pas.

Ulysse fait l’inverse. Nous capitalisons sur les clients en leur offrant une expérience unique et une qualité de service jamais vue dans le secteur, avec un prix pas forcément plus cher, même si on est persuadé que les clients seraient prêts à payer plus pour un meilleur service.

Bastien

Et pour toi qu’est-ce qu’une bonne relation client ?

Caroline

C’est faire tout ce qui est en mon pouvoir pour qu’à la fin de l’expérience, le client soit simplement ravi !

Bastien

Qu’est-ce que ça vous apporte ? Peut-on mesurer le ROI sur ce phénomène ?

Caroline

Le mesurer… c’est difficile. Par contre, tu vois directement une évolution sur la façon dont les gens perçoivent la marque. Tu fais revenir les clients, tu les fidélises, tu génères de l’affect, on parle de toi et on te recommande. Un client satisfait c’est quelqu’un qui devient ambassadeur de ton produit, il va en parler, et c’est le bouche-à-oreille qui commence.

Nous, chez Ulysse, on se rend compte que nos dépenses marketing sont très faibles. On estime que l’expérience suffit pour que le client soit fidélisé dès le premier achat. Et ça on sait le mesurer, aujourd’hui par exemple, on sait que le taux de ré-achat sur Ulysse est de 40 %.

Et puis au-delà de tout ça, d’un point de vue plus humain, ça booste énormément les équipes. On sait que ce qu’on fait est bien, qu’on ne délivre pas un énième service mais bien quelque chose d’utile !

Bastien

Comment arrivez-vous à garder cet objectif ? Qu’est-ce que vous mettez en place ?

Caroline

Il y a plusieurs choses à instaurer pour y arriver. Mais c’est à la portée de toutes les entreprises.

• Répondre vite et être réactif.
• Éviter le téléphone et favoriser au maximum les emails (sinon le client peut rapidement se retrouver à attendre 10/20 min au bout du fil, il n’y a pas ce sentiment avec les emails).
• Ne rien cacher, miser sur la transparence.
• Être proactif, prendre en charge le plus rapidement possible.
• Traiter le client comme un membre de sa propre famille.
• Avoir un produit simple, avec le moins de friction possible.
• Apprendre réellement ce qu’est une bonne relation avec un client.

Bastien

Votre gestion de la crise du Covid-19 a été effectivement exemplaire. Comment avez-vous procédé ?

Caroline

La crise a été difficile, surtout pour notre secteur. D’ailleurs j’ai écrit un article sur cette gestion que l’on peut qualifier de rocambolesque.

On est une entreprise en pleine croissance et du jour au lendemain on ne vend plus un seul billet d’avion. En parallèle les demandes au support explosent ! Alors on ne s’est pas posé beaucoup de questions et toute la boîte a foncé avec un seul objectif : satisfaire nos clients malgré les annulations. On a pratiquement tous faits du support. Je me suis retrouvée à répondre aux mails des clients et à trouver des solutions pour que leur expérience Ulysse reste super positive.

Maintenant on sait que ça a payé. On est passé de 200 avis pré-confinement à plus de 400 post-confinement, et aujourd’hui nous avons plus de 600 avis avec une moyenne de 4,9/5 sur TrustPilot.

Bastien

Comment utilisez-vous ces avis positifs ? Comment montrez-vous que vous êtes les meilleurs ?

Caroline

On communique ! 600 avis, ça rentre dans la tête des gens, 4,9/5 aussi !

En communiquant, ils assimilent notre service à quelque chose de génial (ce qui est le cas !).

Par exemple, sur la page d’accueil d’Ulysse, on a créé un bouton qui amène directement à la page « fiesta ». C’est une page avec de la musique, des ballons et des couleurs pour fêter nos 600 avis positifs.

Sur LinkedIn, on l’affiche ouvertement, on en fait des articles que l’on partage. Avec un objectif de croissance comme le nôtre, il faut trouver la solution pour prouver aux gens que notre produit est top. Il n’y a pas mieux que de montrer tout ça.

Avenir

Bastien

Est-ce que tu vois des tendances qui se dégagent dans le marketing de demain ?

Caroline

Je suis persuadée qu’aujourd’hui les entreprises doivent mettre en lumière leurs valeurs (si elles en ont), et particulièrement celles liées à la RSE. Je pense que c’est fondamentalement important de se tourner vers ce genre de marketing et vers ce genre d’actions. Mais il ne faudra pas simplement le dire, il faudra le faire. Les boîtes qui le feront seront mises en avant, c’est certain.

Conseils

Bastien

Que conseilles-tu pour les jeunes entreprises ? Quand faut-il intégrer cette stratégie de satisfaction client et communiquer les avis positifs ?

Caroline

Ce n’est jamais trop tôt ! Dès qu’il y a des retours positifs il faut les montrer, les partager et s’appuyer dessus pour faire comprendre aux prospects, clients, partenaires, que ce que vous faites est bien !

Ce que LinkedIn ne dit pas

Bastien

La musique qui te motive et que tu aimes écouter quand tu travailles ?

Caroline

J’aime beaucoup les années 2000 ! Mais je pense que Britney Spears est ce qui me motive le plus ahah !

Bastien

Un outil que tu apprécies ?

Caroline

Chaque matin j’utilise Feedly pour me faire un topo de l’actualité. C’est top parce que ça te permet de choisir des mots clefs rapidement et l’app va te proposer des articles à lire en rapport avec ça.

Bastien

Ton plat préféré ?

Caroline

Il y en a 1000 ! C’est difficile de choisir, mais j’adore la purée de pommes de terre avec de la crème fraîche, beaucoup de crème ! Et un poulet rôti ! Oui, finalement c’est ça mon plat préféré.

Bastien

Qu’est-ce qui t’énerve dans la vie ?

Caroline

Je n’aime pas les fautes d’orthographe. Je déteste les fautes en fait ! Mais c’est sûrement parce que j’adore lire et écrire, je peux y passer des heures.

Pour en savoir plus...

Le secret du service client d’Ulysse pendant la crise : découvrir ça !

Page d’aide aux voyageurs pour la période Corona Virus : Coron’actu

Site ludique pour savoir où l’on peut voyager et ne pas voyager : c’est ici

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